
Lavoir de Dhuisy. Photo prise en 2021.
Jusqu’au XIXème siècle, les habitants ne disposaient que de puits dont la qualité de l’eau était douteuse. En plus des nombreux puits particuliers, existaient à la sortie de DHUISY sur la route de LIZY un puits alimenté par une source dite de « la Fontaine Robin » et un second aux Hablets.
Le hameau de CHAMBARDY ne disposait pas d’eau de source. En 1828, il est envisagé de capter l’eau d’une source située dans les bois dits de « la Queue Fouquet » à 800 mètres du hameau. En 1831 est réalisée une conduite en plomb qui amène l’eau jusqu’au pâtis de CHAMBARDY (Poids de la conduite : 4700 kg. Montant total des travaux : 4164 francs, somme très importante pour l’époque).
La famille Dassy
Nos lavoirs n’ont pas été construits sous l’autorité de la commune.
La riche famille Dassy était très attachée à Dhuisy, c’est ainsi qu’au fil des années, elle a financé beaucoup d’opérations pour aider la population très miséreuse à l’époque, les plus spectaculaires furent :
La construction des trois lavoirs
â-ª Le lavoir de Chambardy construit en 1839.
â-ª Les lavoirs de Dhuisy et des Hablets construits en 1858.
â-ª La couverture de ces lavoirs a été réalisée en 1881.
Aucune délibération, ni proposition ne figurent dans les registres des délibérations de l’époque.
La démolition de l’ancien presbytère et sa reconstruction
La construction de la mairie école en 1898.
C’est près de ces différentes sources que furent construits et améliorés progressivement, entre 1839 et 1858, les lavoirs actuels. Au début, l’eau était recueillie dans une cuve en pierre, puis on lui adjoignit une grand cuve pour abreuver les bêtes, enfin un lavoir.
A CHAMBARDY et au lieu-dit « le Pont » existait aussi un gué (abreuvoir creusé au niveau du sol) qui était à la fois abreuvoir et réserve d’eau en cas d’incendie. Ces deux gués sont aujourd’hui comblés.
La couverture des trois lavoirs a été réalisée en 1881 ; jusqu’à une époque relativement récente, quelques ménagères fréquentaient encore les lavoirs. Mais les progrès des arts ménagers en sont venus à bout.
L’alimentation en eau potable par un réseau communal a été tardive. Le 26 octobre 1934, le Conseil Municipal décide de demander au Préfet d’autoriser M. Lucien MAISON, géomètre expert à LIZY SUR OURCQ de se charger de l’étude et de la direction des travaux d’alimentation en eau potable de la commune. Le 3 février 1938, est soumis au Conseil Municipal un projet de captage et de distribution d’eau potable établi par le service des Ponts et Chaussées.
Ce projet est resté sans suite probablement en raison de la situation internationale : nous étions à la veille de la guerre de 1939-1945.
Il faut attendre 1960 pour que soit enfin réalisé la construction d’un château d’eau de 120 m3 dans le bois des Comtes au-dessus de DHUISY ainsi que la station de pompage de « la Fontaine au Chêne ». Le réseau fut d’abord limité à DHUISY, CHAMBARDY ne fut raccordé qu’en 1963.
Dernier épisode : souvenez-vous de la sécheresse de 1976 ; le débit des sources était très faible et l’eau était rationnée. Pour pallier une telle situation qui pouvait se reproduire, le Conseil Municipal décida de raccorder le réseau sur les sources de la commune de GERMIGNY SOUS COULOMBS dont le débit est toujours abondant, avec, bien entendu, l’accord de sa municipalité. De ce fait, la station de pompage de « la Fontaine au Chêne » a été mise hors service.
Le lavoir de Dhuidy n’a pu être restauré qu’en 2003. Il était appuyé sur le mur de la propriété voisine et rien ne pouvait être entrepris sans la réalisation d’une opération immobilière.
Ce n’est donc qu’en 2003, que la commune a acheté la parcelle sur laquelle, le mur, en mauvais état, était construit, ce qui a permis de reconstruire un mur neuf et sur la lancée la remise à l’état d’origine du très beau lavoir de DHUISY.
Le financement de cette opération a été effectué grâce à un contrat rural signé par le Conseil Municipal avec la Région Ile de France, le Département de Seine et Marne et avec l’aide de l’Etat par un financement d’une dotation globale d’équipement.
Le coût de celle-ci a été de 72 000 €. La participation à la charge de la commune après récupération de la TVA s’est montée à 15 245 €.
Le lavoir de Chambardy a été restauré en 2012.

Lavoir de Chambardy . Photo prise en 2021.
Le saviez vous ?
Les architectes qui ont réalisé nos lavoirs ruraux ont dû s’inspirer de l’atrium des villas romaines. Cette pièce qui était l’entrée principale possédait une toiture ouverte en son centre, le compluvium dont les quatre pans étaient inclinés vers l’intérieur de telle sorte que les eaux de pluie s’écoulaient dans un bassin central, l’impluvium. Cette disposition est toujours visible dans les ruines de POMPEI. Dans cette région de Campanie aux étés particulièrement secs, toute possibilité d’obtenir une réserve d’eau n’était pas négligée.